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Léa Vagabonde à Travers le Monde

J'ai perdu mon foulard

Je vous avertis déjà, ce billet peut être plus cru. Âme sensibles s’abstenir

Hier soir, pour la Saint-Valentin mon propriétaire nous a sorties, sa femme et moi.  Nous sommes donc allés à un Maquis. Un maquis est un petit restaurant ou on sert de l’alcool, des boissons et de la nourriture de toutes sortes. Bref, c’est le genre d’endroit où les gens vont pour parler entre amis. Nous discutions tranquillement quand tout à coup des gens se sont levés en criant non. Puis un millième de seconde plus tard il y avait un gros BANG. Une auto venait de passer sur une moto. Les maquis sont à l’extérieur. J’étais donc aux premières rangées de l’accident. Les gens sur la moto venaient justement de ce Maquis. L’auto a roulé sur la moto et les deux passagers de la moto ont passé par-dessus le pare-brise. Le choc a été si violent que dans ma tête les deux personnes étaient mortes.  Des gens sont accourus à l’accident. Puis j’ai réalisé qu’ici la majorité des gens n’ont aucune connaissance en secourisme.  Possédant une bonne base, j’ai donc décidé d’aller voir ce que je pouvais faire…j’ai bien fait.  Une fois arrivée sur les lieux j’ai vu un jeune homme mal en point. Un autre blanc s’occupait de lui. Je lui ai demandé comment il allait et s’il avait besoin d’aide. Il m’a dit : Ici je gère. Mais la vieille je n’en sais rien.  Le jeune homme avait une fracture ouverte au pied, surement une épaule démise sans parler du reste. Mais lorsque je dis ouverte….c’est ouvert. J’aurais facilement pu mettre mes connaissances sur le corps humain à l’œuvre.  J’ai donc laissé le garçon pour aller voir la madame. Un Burkinabè s’occupait d’elle, je lui ai demandé s’il avait besoin d’aide. Il m’a dit que cela ne serait pas de refus. J’ai donc demandé un cellulaire avec une torche pour voir ce que tout ça avait l’air. Et ce n’était pas trop beau non plus. Les deux jambes avaient un angle bizarre…bizarre dans le sens de l’exorcisme. Elle avait aussi du sang à la tête. Je n’ai pas trouvé de plaie et n’ayant pas de gants je n’ai pas touché non plus.  Elle semblait sonnée.  Mon premier réflexe a été de m’assurer que personne ne la bougerait. Le dos on ne niaise pas avec ça. Après je me suis assise auprès d’elle et je l’ai maintenue éveillé en la consolant pendant une bonne demi-heure si ce n’est pas plus. Je n’ai pas vu le temps passé. Puis, le jeune garçon s’est mis à avoir froid. Personne n’avait de couvertures….j’ai donc donné mon foulard au pauvre. Le foulard a permis de le réchauffer et par le fait même de cacher sa jambe aux curieux et ainsi éviter qu’elle s’infecte encore plus qu’elle ne l’était.  La poussière étant très présente, le foulard offrait une barrière de fortune. Par la suite, j’ai continué de réconforter la vieille. Il n’y avait rien d’autres à faire. Même pour le garçon. Sans gants, sans stocks, sans rien, ça devient difficile de faire plus que ce qu’on faisait déjà : Immobiliser, s’assurer des signes vitaux, sécurisé et attendre.  Les ‘’ambulanciers’’ sont finalement arrivé. Puis le tout m’a frappé. J’étais révoltée. L’ambulance à prit une heure à venir, si ce n’est pas plus.  Une fois sur place les ambulanciers avaient un équipement limité. Aucun collet…ça faisait une heure qu’on tenait les têtes en place et tout et eux ils les ont retournés comme ça…Pour embarquer le jeune sur la civière c’est l’autre blanc qui leur a dit de faire le pont. Ils étaient simplement 3 pour 2 blesser relativement grave.  Et l’ambulance n’était que d’une place. Ils allaient aller porter le garçon et revenir chercher la vieille. Je ne comprenais pas. Ils ont finalement embarqués les deux dans l’ambulance mais quand même. Ca me révoltait. Parce que je savais que chez moi, il y aurait eu un périmètre de sécurité. Que les gens ne flâneraient pas autour. Qu’en une heure, ils seraient déjà à l’hôpital entre de bonnes mains. Que les ambulanciers aurait eu des collets pour immobiliser les victimes. Au hockey lorsque j’ai fait une chute et que j’étais moins blessé qu’eux j’ai eu plus de soins que les deux réunis.  Lorsque les deux ont été embarqués nous sommes retournés au Maquis. François (Mon proprio) m’a dit que les gens m’avait trouvé très compatissante et généreuse d’avoir ‘’prêté’’ mon foulard. (Je ne l’ai pas repris…non merci pour les infections) Que les gens m’avait trouvé bonne et d’un sang-froid. Puis j’ai réalisé en effet que je n’avais pas paniqué le moins du monde. J’avais été très calme durant toute l’opération en raisonnant. Pour sa part, François était simplement fière d’être avec la ‘’Nasara’’ qui avait aidé. Moi je n’ai de cesse de me demander que quelques choses les a protégés…Le choc a vraiment été fort. Pourtant, seulement le bas du corps semble avoir été gravement atteint. Et eux ils ne portaient aucun casque.

Cependant, cela m’a remarqué la fragilité de la vie ici. Une simple blessure pouvait se compliqué. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, j’étais paralysé sur la moto. J’avais mon casque, mais j’avais tout de même très peur.  Un peu plus et j’en pleurais d’angoisse. J’avais vu les conséquences de la  conduite ici. Ce matin à Vélo, j’avais encore cette angoisse. Je crois que je suis en quelques sortes traumatisée.

Tags associés : perdu, foulard

J'kaz !
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Le Mercredi 15 Février 2012
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    Mise à jour le 27/03/2012
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